Swiss League : appel à une réforme urgente face au risque de disparition de clubs formateurs
10/10/2025
Le club tire la sonnette d’alarme sur l’avenir de la Swiss League, à relire dans cet article. Le club envisage un retrait volontaire en raison d’une pression financière accrue et d’un réservoir de joueurs trop restreint pour soutenir trois ligues compétitives. Avec un budget annuel de 2,5 millions de francs et un déficit structurel de 750 000 francs, le président et principal actionnaire Rolf Löhrer couvre actuellement ce manque à ses frais. Cette situation met en lumière les difficultés croissantes pour financer et maintenir un club dans la Swiss League.
La problématique dépasse Winterthur comme le rappelle la NZZ. Depuis que la Swiss League s’est émancipée de la Fédération suisse de hockey sur glace (SIHF) pour gérer sa propre commercialisation, les revenus liés aux droits médias ont fortement chuté, passant d’environ 330 000 francs par club à seulement 85 000 francs. Dans le même temps, la concurrence entre la National League, la Swiss League et la MyHockey-League pousse les jeunes talents à partir très tôt à l’étranger pour se développer, principalement en Suède ou en Amérique du Nord, privant ainsi le hockey suisse de ses meilleurs éléments à un âge clé.
Cette situation a également un impact sportif : l’absence de promotion/relégation directe entre la National League et la Swiss League limite l’attractivité et la compétitivité de la deuxième division. Les jeunes joueurs et les clubs peinent à se projeter sur le long terme, ce qui fragilise la filière de formation et menace la relève nationale. Des clubs comme l’EHC Winterthur, pourtant réputés pour la qualité de leur travail avec les juniors, se retrouvent dans l’incapacité de continuer à fonctionner de manière semi-professionnelle sans aides financières extérieures.
Le nouveau président de la Fédération suisse de hockey sur glace, Urs Kessler, considère ce problème comme « le plus grand défi du hockey suisse » et plaide pour une plus grande fluidité entre les ligues. Selon lui, l’augmentation du nombre de clubs en National League pendant la pandémie, de 12 à 14 équipes, constitue une erreur et contribue à l’écart financier croissant entre les ligues. Kessler prévoit de présenter prochainement une série de mesures pour rééquilibrer le système, mais il se heurte à une résistance notable des clubs de National League, peu enclins à investir dans les équipes de deuxième division.
Si Winterthur devait se retirer, le hockey suisse perdrait un acteur clé dans la formation de jeunes talents, aggravant encore le déficit de joueurs locaux capables d’évoluer à haut niveau et soulignant l’urgence d’une réforme structurelle des ligues professionnelles. La survie de la Swiss League, et plus largement de la filière de formation suisse, pourrait bien dépendre de la capacité des instances à repenser et à financer un système plus équilibré.